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Nidpick, la plate-forme participative qui donne aux objets une seconde vie

Génération concernée : Harold, 23 ans, étudiant en école de commerce vient de créer Nidpick, un site web collaboratif qui permet de signaler, de donner ou d’échanger des meubles et des matériaux. Son objectif : réduire les déchets et propager l’idée du « consommer ensemble ». 

NidpickFeatured image, qu’est ce que c’est exactement ? 

Nidpick c’est une plate-forme de partage d’objets issus des encombrants : du mobilier, de l’art, des matériaux…Les internautes vont signaler les encombrants qui leur appartiennent ou qu’ils ont repéré dans la rue afin de permettre à d’autres de les récupérer. L’idée c’est vraiment d’éviter le gaspillage. Chaque année, il y a 3 640 000 tonnes d’objets déposés sur le trottoir et il n’ y en a que 13 % qui sont recyclés. Tout le reste part à la déchetterie. Notre projet part donc d’une double idée : aider les personnes qui sont dans le besoin et participer à la réduction des déchets ménagers.

Comment t’est venue cette idée ?

L’année dernière, j’ai travaillé sur un projet de plate-forme de financement participatif spécialisée dans les associations étudiantes. Le but était vraiment de les aider à récolter des fonds parce qu’aujourd’hui, c’est difficile de trouver des sponsors en allant démarcher des entreprises privées. En développant cette idée, je me suis intéressé à tout ce qui était communauté participative. J’avais aussi entendu parler d’un application canadienne, Trashwag, lancée par un architecte de Toronto. Cette application permet de géolocaliser des matériaux abandonnés. L’idée lui est venue alors qu’il cherchait lui-même du matériel pour ses projets architecturaux. Ca me plaisait beaucoup, alors je l’ai contacté et je lui ai proposé de développer l’idée en France. Il ne souhaitait pas vraiment exporter son projet alors je me suis lancé tout seul, j’ai appris à coder et j’ai monté ma propre plate-forme.

Concrètement, comment ton site fonctionne-t-il ?

Mettons que je veuille donner une table. Je vais sur le site et je signale mon objet. Comme j’en suis le détenteur, que l’objet est donné et non trouvé, je peux remplir une fiche pour donner des informations. Après, n’importe quel internaute intéressé peut me contacter. Pour les objets trouvés, cela fonctionne par un simple système de géolocalisation. Je peux à tout moment, signaler la présence d’un encombrant susceptible d’intéresser quelqu’un.

Il existe déjà des sites avec une ambition un peu similaire, qu’est ce qui te distingue des autres, quel est ton plus ?

Il existe effectivement déjà deux plate-formes qui ressemblent un peu à mon projet. Nidpick diffère parce qu’elle incorpore le signalement d’objet, elle est vraiment spécialisée dans les encombrants. Elle permet aussi de mettre des photos des objets de manière très simple, ce qui n’est pas possible sur les autres sites. J’ai envie, avec Nidpick, de créer une vraie communauté participative.

Est ce que tu as l’impression que ce projet te lance dans le monde du travail ?

Pour l’instant Nidpick est loin d’être une entreprise, c’est un projet de partage gratuit entre internautes. Mais c’est vrai que ça me rend créatif. J’ai toujours voulu monter des projets. Je pense qu’en France, l’environnement des jeunes entrepreneurs est un milieu très ouvert. Je crois qu’il y a 500 000 starts-ups créées par an ! Il existe une vraie dynamique qui pousse à développer ses idées : il y a des sites internet qui donnent des conseils pour se lancer, des concours qui financent les projets des jeunes entrepreneurs. J’ai monté le site Nidpick tout seul donc pour l’instant je n’ai pas besoin de financement. Mais par la suite, lorsqu’assez d’internautes seront inscrits et auront donné au projet sa valeur, je serai sûrement amené à en chercher.  Je suis confiant, je trouve que la France est propice à ce genre d’initiatives et que l’âge n’est pas du tout un problème.

Si je comprends bien, la crise ça ne te fait vraiment pas peur ?

Avec Nidpick, j’essaye justement de mettre en place un site qui répond aux besoins qu’a créés la crise. Le partage, l’économie collaborative sont des notions qui disent qu’aujourd’hui la consommation de masse n’est plus du tout d’actualité. Prenons comme exemple la voiture : voilà un objet qui 92% du temps n’est pas utilisé par son propriétaire. Pour un objet aussi coûteux à l’année ce n’est pas possible ! Du coup, on la loue, on la prête, on trouve des solutions. Il y a énormément de projets qui se montent pour quitter cette notion du « J’ai besoin donc j’achète ». 

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